Et si créer, c’était prendre soin de qui je suis vraiment …

Créer des liens, créer un tableau, une liste de courses ou une recette, inventer un baiser, imaginer une caresse, laisser venir un chant, une danse….

Quand je crée je suis là, présente, et ma vie prend sens.
Au centre de  ma vie, je me sens vivante. Je matérialise mon ressenti du moment, sans commentaire. Dans cet instant, où l’espace entre ressentir et agir n’est plus qu’un interstice où peut se glisser la magie, je suis pleinement créatrice. Le mystère m’accompagne, et l’instant devient sacré. Devrais-je dire plutôt que je laisse la place à la magie et au mystère, qui m’emmènent alors visiter des chemins nouveaux et inédits ?

Lorsque j’habite mon espace de création et que je m’exprime depuis là,  je manifeste mon élan de vie dans la matière, je m’offre un bonheur ineffable, frais, immédiat, qui à une saveur d’éternité. Je me retrouve, je me trouve, j’existe.
Si  par moment je peux créer en conscience, il y a d’autres moments où je crée également mais dont je ne suis pas consciente.
Car mon élan créateur est  présent à tout moment. Il est même  si puissant que si j’en prenais totalement conscience en cet instant je prendrai peur. C’est donc à mon insu que je crée sans cesse. Dans ces moments là, il n’y a pas d’intention consciente de ma part.

 

L’intention donne une orientation à mes pensées, à mes paroles, à mes actes. Elle est la pointe de la flèche de mon élan créateur. Créer sans intention claire et consciente revient à se laisser porter par le vent qui souffle le plus fort. C’est-à-dire par l’intention majoritaire qui émane de mon environnement. C’est donc orienté par des conditionnements en lien avec les loyautés et les habitudes de mon inconscient (personnel et collectif), qu’il créé un monde en cohérence avec ces mémoires. Par conséquent, les créations qui en découlent sont des situations de souffrances. C’est comme ça que certains projets sont au final désorientés de leur objectif premier et parfois même se retrouvent à contre sens de ce qui était désiré au départ. Je peux alors avoir le ressenti d’être victime d’une situation et j’en oublie l’essence de ma nature véritable : je suis profondément créatrice !
Il semble donc très important de me préoccuper de mes intentions. De les clarifier. Car si cela ne portera pas préjudice pour des actes créateurs quotidiens sans grande portée dans ma vie, par contre, certains actes  créateurs  plus impliquant peuvent engendrer à moi-même et aux autres, beaucoup de souffrance.
Ainsi que le dit Eckhart Tolle « chaque fois que nous faisons un acte empreint d’ignorance cela engendrera tôt ou tard du malheur,  mais chaque fois que nous agirons en claire conscience, cela engendrera tôt ou tard du bonheur ».

Par conséquent, si je ne viens pas éclaircir mes espaces intérieurs, la vie continue à se créer à travers mes zones d’ombres, de souffrances, et le restitue dans la matière. Ceci inlassablement jusqu’à mon réveil.
Toutes les fois où je peux mettre de la conscience dans ce que je vis, mon élan créateur, à partir de ces espaces libérés agit et crée selon mes choix conscients. A ce moment je peux créer des situations empreintes de joie de paix de bonheur. En lien avec mes valeurs, mes désirs véritables.
J’aime la question que nous pose Jean-Yves Leloup : « est-ce que mon acte exprime ma parole ? Est-ce que ma parole exprime ma pensée ? Est- ce que ma pensée exprime mon désir ? Est-ce que mon désir exprime l’être que je suis ? »
Je reprends ma « respons-habilité » quand je sors de l’ignorance et que je m’éveille. Alors je reprends les clés de mon palais, de ma vie, et je crée mon bonheur !

Quand je me sens en cohérence et qu’en mon cœur l’intention est claire, elle oriente mon geste, et la magie de la vie s’y déverse. Je me transforme en une émanation de l’Un, du Divin, un parfum de l’Amour universel, une note de la Grande Symphonie des Âmes….
Certaines œuvres me touchent particulièrement, elles émanent cette effluve  et me rappellent à mon essence…. La vibration de l’Unité, du Divin, qui s’expanse en mon être selon trois mouvements : la liberté, la créativité et la joie !
Trois qualités qui s’alchimisent en un parfum unitaire me ramenant à l’ineffable sentiment de n’être plus qu’Une, dans la sensation de disparaître, et d’être partout à la fois.

Le parfum de l’extase viendrait-t-il de ce sentiment d’être à la fois l’être créé et le créateur, dans la douce suavité de chaque instant…
Dans la douceur d’un rêve, voici  ce que je viens  te chuchoter à l’oreille : «  écoute le chant de ton âme, le murmure de ton inspiration. Prend le temps de clarifier ton intention. Puis engage-toi, plonge dans ton espace de création, comme un enfant, sans retenue ! Et enfin, matérialise dans ton quotidien. Avec tout ce qui te fais plaisir, ce que tu as à portée de main, chaque jour….. Ainsi, tu te nourriras de joie ».

 

Sophie Guénin, je pratique une thérapie psychocorporelle basée sur la pleine conscience, la libération émotionnelle et la créativité, en individuel, en groupe et en entreprise. contact@sophieguenin.com

 

Publié dans  Rêve de Femmes N° 43